LES GRANDS HOMMES
CENTRAFRIQUE: BANZA ALEXANDRE
Dans le cadre de notre rubrique, DEVOIR DE MEMOIRE, et dans la catégorie, LES GRANDS HOMMES, nous republions sur notre support, sous l’étiquette BANZA Alexandre, la chronologie des faits ayant conduit à son assassinat politique, objet du poste mis en ligne le 10 avril 2016 par BANZA Arcadius, certainement son fils ou son frère. Cette republication constitue la deuxième, après celle de la lettre du Magistrat GUERET François adressée au défunt Président KOLINGBA André, une des premières publications de lepionnier.wordpress.com sous le domaine soumale.com.
La rubrique DEVOIR DE MEMOIRE du journal lepionnier.wordpress.com, pour rappel, se veut un support de remémoration des Grands Hommes ou Grandes Figures du passé qui ont fait l’histoire à leur manière, que beaucoup d’entre nous ignorent encore.
Par respect pour la mémoire de ces Grands Hommes et aussi par respect pour les auteurs ou initiateurs, nous republions les oeuvres ou les écrits tels que parvenus à notre rédaction.
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IN MEMORIAM
(le colonel Alexandre Banza: Octobre 1932-Avril 1969))
Pour l’histoire, la vraie, voici une chronologie des faits ayant conduit à son assassinat.
– Février 1968: Création de l’UEAC (union économique de l’Afrique centrale, regroupant le Zaïre (RDC), la RCA et le Tchad à l’initiative des USA, manifestement concurrente de l’UDEAC issue de l’AEF.
– 27 Février 1968: Mr Jacques FOCCART, secrétaire général de l’Elysée se rend à Bangui et pendant une semaine tenta de convaincre le président centrafricain Jean Bedel Bokassa et son gouvernement de ne pas intégrer cette UEAC en création.
– 4 Avril 1968: La RCA adhère tout de même l’UEAC et quitte ipso facto l’UDEAC.
– Novembre 1968: JB Bokassa se brouille avec les présidents congolais (zaïrois à l’époque) et tchadien, Mobutu et Tombalbaye, et quitte brutalement l’UEAC.
– Du 07 février au 28 Février 1969, Jean Bedel Bokassa effectue un voyage officiel d’un mois en France où il fut reçu par deux fois par le président français, le général DE GAULE le 08 et le 13 Février 1969.
Il rentre à Bangui le 28 février 1969.
– 1er mars 1969: JB Bokassa remanie son gouvernement. Alexandre Banza n’est plus ministre d’état chargé de l’économie, des finances et des anciens combattants. Il est relégué au 3ème rang protocolaire du gouvernement et chargé de la santé.
Le ministre Alexandre Banza rechigne face à cette décision brutale et injustifiée et annonce sa démission.
Il continue de se rendre au bureau, expédiant les affaires administratives mais ne fréquente plus le conseil du gouvernement. Sa démission lui sera refusée, mais dans la foulée il est placé en résidence surveillée, sise le siège actuel du PNUD sur l’avenue de l’indépendance, lui et ses proches.
– 10 Avril 1969: Il est arrêté par ses frères d’arme et amis au camp Kassaï où il s’était rendu en début de soirée vêtu d’un pantalon et d’un maillot de corps, accompagné par le commissaire de police Kallot, un parent et ami, se doutant bien d’un possible guet-apens et pour cause! Il avait reçu entre temps une missive des »services » qui lui eut donné l’assurance de prendre la tête d’une action militaire concoctée par ses frères d’arme du camp Kassaï avec la »bénédiction » du gouvernement français qui veut mettre fin aux caprices de JB Bokassa… La missive portait la signature et les armoiries de l’ambassadeur de France, Jean Herly, un ami de surcroît!
La lettre lui ayant été portée par un militaire, parent du colonel Mandaba (dont un de ses fils est son filleul de baptême)…!
Pourquoi ne pas croire à tous ces indices rassurants?
Découvrant à postériori la supercherie, l’ambassadeur J. Herly réclamera sa relève qu’il obtient vite. Rentré en France, il n’acceptera plus jamais d’autre poste, et n’en parlera plus jamais (…) selon les propos recueillis en 2003 de son successeur, Albert De Schonen, en présence de son épouse.
(Sur la photo jointe, l’ambassadeur Jean Français, prédécesseur de Jean Herly).
– Un tribunal militaire convoqué le 11 Avril 1969, siégeant en pleine nuit, au camp de Roux, sans avocat de la défense (même commis d’office !), avec un magistrat de siège (Jospeh Potolot), deux assesseurs militaires (le capitaine Mandé et Mbaïkoua) et Jean Claude Mandaba dans le rôle du procureur, prononce manu militari une sentence capitale.
Le 12 Avril au petit matin, la sentence fut appliquée au champ de tirs du camp Kassaï (la principale caserne militaire du pays qui abritait le seul corps de troupes, le bataillon d’infanterie, dont il fut lui-même le commandant en chef entre 1964 et 1966), après plus de 48h de supplices inhumains infligés à une autorité de l’état, ministre d’état en fonction!!!
AUX GRANDS HOMMES LA NATION RECONNAISSANTE ?
VIVE LA RCA !
VIVE L’OTAN
Mis en ligne le 10 Avril 2016 par BANZA Arcadius

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